Le sport de haut niveau dans 10 ans : technologie, fondamentaux et le rôle clé de l'humain

Performance
19/10/2026
Rencontre avec le fondateur d'IPA Olivier Brachet, qui revient sur sa vision du futur du sport de haut niveau, le rôle grandissant de la donnée et de l'IA, et les angles morts du suivi des athlètes aujourd'hui.À quoi ressemblera la performance sportive dans une décennie ? Pour le fondateur d'IPA, la réponse tient en un mot : technologie. Mais derrière cette évidence, se cache un message plus nuancé et finalement assez à contre-courant des discours ambiants sur la donnée et l'IA.

Des écarts de performance toujours plus infimes

Selon toi, à quoi ressemblera le sport de haut niveau dans 10 ans ?

Les écarts vont continuer à se réduire. Sur toutes les disciplines, notamment celles à forte composante d'endurance, les marges de progression deviennent de plus en plus fines. Les innovations capables de faire la différence sont de plus en plus difficiles à trouver. Pour continuer à progresser, à battre des records, à rester compétitif même sur le plan physiologique, je pense que ce sera la technologie qui permettra de faire la différence dans dix ans — comme elle l'a déjà fait avec le matériel en vélo, ou les chaussures carbone en course à pied.

Plus technologique, mais pas moins humain

Le futur du sport sera-t-il plus technologique ou plus humain ?

Plus technologique, c'est certain mais c'est déjà le cas, le virage est déjà bien engagé, notamment avec l'accélération de la collecte de données grâce aux montres, capteurs de puissance, vidéo, etc. Mais le volet humain restera, à mon sens, tout aussi présent. L'accompagnement du coach, de l'environnement autour de l'athlète - médical, paramédical, entraînement - sera toujours essentiel. Et le partage entre l'athlète et toutes les personnes qui l'entourent sera de plus en plus déterminant.

Data et IA : un métier en transformation, pas en remplacement

Est-ce que la donnée et l'IA vont transformer le rôle des entraîneurs ?

C'est déjà en train de se produire. La donnée est déjà bien présente, et l'IA commence à montrer des choses prometteuses, même s'il faudra encore un peu de maturité. Oui, ça va changer les métiers, pas seulement celui d'entraîneur, mais aussi celui des athlètes. Mais ça va aussi mettre en avant d'autres compétences, qui n'ont pas encore été suffisamment approfondies et qui ne sont pas forcément liées à la donnée et à l'IA.

Le vrai angle mort : revenir aux fondamentaux

Selon toi, quels sont les sujets sous-exploités dans le suivi des athlètes ?

Ce qui me semble important, c'est qu'il y a énormément de fondamentaux qui ne sont pas correctement mis en place et on veut tout de suite se tourner vers les technologies et les données. C'est un biais : parce que ces technologies arrivent, parce qu'on a plus d'informations disponibles, on se précipite vers ces solutions. Mais le terrain le prouve : plus on a d'informations, plus on risque d'être noyé, et les problématiques basiques - hydratation, sommeil - finissent par ne plus être respectées correctement.

J'inverserais la logique. Il faut d'abord revenir aux fondamentaux : un meilleur partage et une meilleure intégration des informations essentielles entre les membres du staff. Et ensuite seulement, on vient optimiser avec des gains additionnels grâce à la technologie et à la donnée.

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