Arnaud Bonin : « À l’UTMB, mon seul objectif est d’être finisher et de profiter de chaque instant »

Performance
20/8/2026
À quelques jours du départ de l’UTMB, Arnaud Bonin s’apprête à vivre l’un des plus grands défis de sa carrière sportive. Habitué aux longues distances, mais encore novice sur le format mythique de 171 kilomètres autour du Mont-Blanc, le coureur français aborde cette première participation avec un mélange d’excitation et d’appréhension. Entre préparation minutieuse, nouvelle vie professionnelle et volonté de transmettre, il revient sur son parcours et ses ambitions.

Une organisation millimétrée entre sport, travail et famille

Pendant plusieurs années, Arnaud Bonin a mené de front plusieurs vies : celle d’athlète de haut niveau, celle de professeur des écoles et celle de père de famille. Une équation complexe qui a nécessité beaucoup d’organisation et d’anticipation.

« Ça a demandé d’être bien organisé, notamment avec ma femme qui court aussi. Il fallait savoir comment on gérait les enfants et à quel moment je pouvais m’entraîner », explique-t-il.

La planification est devenue un élément central de son quotidien. « On passe notamment par Playsharp pour connaître les entraînements à l’avance et organiser toute la vie de famille en fonction. » Une méthode indispensable pour réussir à concilier les exigences du haut niveau avec les contraintes personnelles.

L’UTMB, une grande inconnue mais une immense envie

Cette année marque un tournant dans sa carrière sportive : la découverte de l’UTMB, un défi d’une ampleur encore inédite pour lui.

« L’UTMB, c’est la grande inconnue », reconnaît-il. Malgré plusieurs expériences autour des 100 kilomètres, le coureur n’a encore jamais affronté une distance proche des 180 kilomètres ni une course de nuit.

« Ce qui m’inquiète le plus, c’est la durée d’effort. Au-delà de 10 ou 11 heures, ça devient très compliqué. »

Pour autant, l’inquiétude laisse rapidement place à l’enthousiasme lorsqu’il évoque le départ à Chamonix.

« Je suis surtout excité à l’idée d’être au départ de cette très belle course. Mon seul objectif, c’est d’être finisher. »

Pas question pour autant de simplement boucler la course coûte que coûte. Arnaud veut vivre pleinement l’expérience : « Je n’ai pas envie d’être finisher en 30 heures. Je veux réussir dans les meilleures conditions possibles, prendre du plaisir, profiter de la foule, de ma famille et de mes amis qui seront au bord des sentiers. »

Pour arriver prêt le jour J, il s’appuie sur son entraîneur Adrien Séguret : « Je sais que je peux lui faire confiance pour m’amener dans les meilleures conditions fin août. »

Du sportif au coach : transmettre une passion

En parallèle de sa carrière d’athlète, Arnaud Bonin a progressivement construit une activité de coaching. Une évolution presque naturelle pour celui qui a toujours été attiré par la compréhension de la performance.

« J’ai fait des études en STAPS. J’ai toujours été intéressé par le sport et par la manière dont on peut progresser. »

Son expérience de professeur des écoles a également nourri cette envie de transmettre.

« J’aime transmettre. Le coaching était l’occasion de concilier ma passion pour le trail et cette envie d’accompagner les autres. »

Depuis trois ou quatre ans, il développe progressivement son activité auprès d’athlètes. D’abord en parallèle de son métier d’enseignant, puis avec davantage de temps lorsqu’il est passé à mi-temps.

Mais 2025 marque un véritable changement : « J’ai arrêté le professorat des écoles au mois d’avril parce que mon sponsor en course à pied m’aide suffisamment financièrement pour développer mon coaching. »

Un nouveau chapitre professionnel s’ouvre donc pour lui : « C’est quelque chose qui me plaît plus. Je ne pense pas retourner dans l’Éducation nationale. Je veux continuer à entraîner des athlètes parce que c’est là que je m’épanouis le plus. »

Playsharp, un outil au service de l’athlète et du coach

Dans son quotidien, Arnaud utilise également Playsharp, à la fois pour suivre son propre entraînement et accompagner les coureurs qu’il entraîne.

Comme athlète, la plateforme lui permet d’avoir une vision précise de son travail : « Après mes séances, j’aime retourner sur Playsharp pour voir si j’ai bien travaillé, analyser mes fréquences cardiaques, mes zones d’effort ou mes vitesses ascensionnelles. »

Dans son rôle de coach, il apprécie particulièrement le suivi et l’analyse de la charge d’entraînement.

« Ce que j’aime bien, c’est vraiment pouvoir analyser la charge et avoir cet outil qui permet de communiquer avec l’athlète. On a presque l’impression qu’il est en face de nous alors qu’il est à distance. »

Ses conseils pour continuer à progresser

Lorsqu’on lui demande quels conseils donner aux coureurs qui s’entraînent beaucoup mais qui stagnent parfois, Arnaud insiste d’abord sur l’importance de la progressivité et de la qualité.

« Souvent, il faut reprendre de la progressivité. Parfois, il faut juste s’entraîner un peu moins, mais beaucoup mieux. »

Son premier conseil : retrouver un équilibre entre endurance et intensité.

« Il faut mettre de vraies séances d’intensité et surtout de la vraie endurance fondamentale. C’est le principe du 80-20 : environ 80 % du temps en endurance fondamentale et 20 % avec des séances qualitatives. Il faut éviter de toujours s’entraîner au milieu. »

Son deuxième conseil concerne l’accompagnement : « Pour ceux qui s’entraînent déjà beaucoup, se rapprocher d’un coach peut permettre d’identifier les points faibles et les points forts, puis de travailler dessus. »

Un premier UTMB pour écrire une nouvelle page

À quelques jours du grand rendez-vous, Arnaud Bonin ne cache ni son ambition ni ses interrogations. L’UTMB représente un territoire encore inconnu, mais aussi une aventure qu’il attend avec impatience.

Entre l’athlète qui veut repousser ses limites et le coach qui souhaite transmettre son expérience, il s’apprête à vivre une course qui pourrait bien marquer une nouvelle étape de son parcours.

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